E bludischer Wildsöjbelz
Morje isch Néijohr
Ce dernier jour de l’année, je vais faire une petite randonnée qui me mène d’abord en forêt. Au début du sentier, mon regard est happé par une masse informe grise qui, de plus près, se révèle être une peau de sanglier retournée et ponctuée de sang de laquelle deux grandes narines semblent me scruter. Je passe mon chemin, essayant de chasser vainement la vision dans le soleil éblouissant. Certains animaux ne connaissent pas de paix en ces jours festifs, tout comme certains humains dans d’autres contrées. Que sera l’année à venir, si elle se termine ainsi ?
Puis je traverse la route, passe devant la ferme et monte sur la colline. De là-haut, la petite ville gît dans sa cuvette. L’humain paraît si petit, lui qui se croit si important et dont la capacité de nuisance est parfois fort développée, si insignifiant dans l’immensité du paysage qui s’étend à perte de vue. Malgré la bise hivernale et le ciel qui se couvre au nord-est vers la Lorraine et l’Allemagne, chaque rayon de l’astre de vie semble être une caresse et une promesse d’avenir. L’année à venir sera-t-elle sombre ou lumineuse, ou les deux, comme la vie l’est souvent ?
© Ronald Euler 2026
Dans le soleil du soir / Une peau de sanglier en sang / Demain c'est l'An Nouveau
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